Une goutte de Torah – Année 14 – n° 709 – Behar & Be’houkotaï
22 Iyar 5786 – 9 mai 2026
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara
La récompense des Mitsvot
La Paracha de Be’houkotaï s’ouvre par une promesse saisissante (26:3-4) : “Si vous vous conduisez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez, je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit.” Les neuf versets suivant détaillent une série de bénédictions terrestres extraordinaires.
Il semblerait donc que l’accomplissement des Mitsvot entraîne des récompenses matérielles ici-bas. Pourtant, le Talmud (Kiddouchin 39b) affirme que le véritable salaire des Mitsvot n’est pas accordé dans ce monde.
Comment concilier ces enseignements ?
Selon le Rambam (Hil’hoth Techouva 9:1), les bénédictions de ce monde ne constituent pas la rétribution des Mitsvot, qui est réservée au Monde à Venir. Elles servent plutôt d’outil pour faciliter le service divin. Lorsqu’une personne consacre sincèrement son énergie, son intelligence et son temps à la Torah et aux Mitsvot, D.ieu lui accorde protection, stabilité et prospérité afin qu’elle puisse continuer son service avec plus d’intensité, comme un investisseur soutient une start-up prometteuse pour lui permettre de croître.
Une autre clé essentielle est apportée par le Rachba. Le principe selon lequel le salaire des Mitsvot n’est pas donné dans ce monde s’applique à l’individu, mais pas au collectif. Lorsqu’Israël agit en tant que communauté unie, la Torah promet explicitement des récompenses matérielles dans ce monde. C’est pourquoi ces promesses apparaissent uniquement dans au pluriel, comme dans le deuxième paragraphe du Chéma (alors que le premier paragraphe est au singulier) ou dans Be’houkotaï.
Ces principes semblent parfois contredits. Selon le Talmud (Bera’hot 7a) la question du juste qui souffre et du méchant qui prospère a déjà été posée par Moïse à D.ieu quand il lui a demandé de lui montrer Ses voies (Exode 33:13). Mais la Comptabilité Divine est inaccessible à l’homme.
Une histoire vraie
On raconte qu’un jour, le ‘Hafetz Haïm se promenait dans la rue lorsqu’il sentit soudain qu’une main retirait la poussière de son manteau. Il voulut se retourner pour remercier la personne… mais celle-ci avait déjà disparu.
De retour chez lui, il confia à son gendre sa peine de ne pas avoir pu exprimer sa gratitude pour ce geste si aimable. Quelques instants plus tard, le Rav fut stupéfait : son argent avait disparu.
Alors son gendre lui expliqua : “Maintenant, nous pouvons répondre à vos deux questions : pourquoi cette personne a retiré la poussière de votre manteau, et pourquoi elle est partie si rapidement.”
Le ‘Hafetz Haïm soupira de soulagement : “À présent, je me sens beaucoup mieux, car je sais que cette personne a reçu sa récompense pour son geste envers moi…”
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
