Choftim

Reeh

Une goutte de Torah – Année 13 – n° 673 – Choftim

6 Eloul 5785 – 30 août 2025

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

La corruption

La Torah interdit de recevoir des pots de vin (16:19) : “…Tu ne recevras pas de pots de vin, car les pots de vin aveuglent les yeux des sages… ”

D’après le Talmud (Ketouvot 105b), un juge qui reçoit un cadeau de l’une des parties en jugement ne peut plus rester émotionnellement détaché et, même inconsciemment, prendra à cœur le cas du corrupteur ; selon le Talmud, il devient “un”avec lui. Il lui sera donc très difficile d’écouter de manière impartiale l’autre partie, et de juger en sa faveur si nécessaire, même s’il en avait l’intention au départ. Et cela quand bien même le juge serait le plus sage du monde, et le cadeau le plus infime.

Le Talmud explique que le pot de vin peut être verbal, ou même un acte insignifiant, par exemple aider un juge à traverser un pont, ou enlever une plume tombée sur sa tête.

Le verset parle d’aveuglement spirituel, mais selon le Talmud de Jérusalem (Pea 37a), la corruption peut aussi affecter la vision physique. Ainsi, selon un Midrash, Isaac est devenu aveugle dans ses vieux jours car il avait reçu trop de présents corrupteurs de la part de son fils Esaü.

Enfin, il est intéressant de noter que la Torah interdit de recevoir des pots de vin, mais ne dit rien sur la possibilité d’en donner. Certains décisionnaires l’interdisent formellement car cela rentre dans l’interdiction de “placer un obstacle devant un aveugle (pour le faire trébucher)” (Lévitique 19:14).  D’autres, se basant sur cette omission, pourraient l’autoriser dans certains cas où une personne accusée injustement veut corriger un préjugé défavorable dont elle est la victime.

Une histoire vraie

Rav Yossef Dov Soloveitchik z’l rencontra un jour un juge russe qui voulut lui démontrer que les lois de l’état étaient meilleures que celle de la Torah car elles punissent à la fois celui qui reçoit et celui qui donne le pot de vin, alors que la Torah ne punit que celui qui le reçoit.

Il répondit qu’au contraire, selon ces lois, le juge n’a pas à craindre que celui qui l’a soudoyé ne le dénonce, puisqu’il sait que s’ils sont découverts, ils seront punis tous les deux. Par contre, le juge juif craint que celui qui lui a donné le pot de vin ne le dénonce, car il ne risque pas d’être puni, et cela le dissuade de se laisser corrompre, même s’il aurait pu être tenté.

La Torah est imbattable!

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta