Une goutte de Torah – Année 14 – n° 708 – Emor & Pessah Cheni
15 Iyar 5786 – 2 mai 2026
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara
Les deux leçons de Pessah Cheni
Cette année, Pessah Cheni tombe la veille de Chabbat. Mais quel est l’origine de ce jour, toujours fixé un mois après Pessah ?
Dans la Paracha Behahalote’ha (Nombres 9:6-14), la Torah raconte qu’un groupe d’hommes ne put offrir le Korban Pessah (le sacrifice pascal) car ils étaient devenus impurs. Frustrés, ils se plaignirent à Moïse. Ce dernier consulta D.ieu qui lui communiqua alors la loi de Pessah Cheni (Nombres 9:10-11): “…Si quelqu’un est devenu impur par contact avec un mort, ou se trouve sur une route éloignée, parmi vous ou vos descendants, il fera le Korban Pessah pour D.ieu le 14 du deuxième mois…” Ainsi, D.ieu offre une “session de rattrapage”pour ceux qui n’ont pas pu offrir, pour de bonnes raisons, le sacrifice à la date prévue.
Rachi (9:9) souligne que cette loi fut donnée grâce au mérite de ces hommes qui témoignèrent de leur désir ardent de servir D.ieu.
Nos Sages tirent deux leçons de Pessah Cheni. La première est celle de la “seconde chance”. Face à un échec ou une occasion manquée, il ne faut pas se laisser abattre, mais saisir les opportunités qui se présentent pour réparer ou compléter ce qui a été raté.
La seconde leçon est l’enthousiasme dans le service Divin. À l’instar de ces hommes par le mérite desquels Pessah Cheni a été institué, il nous faut rechercher activement et avec passion chaque occasion de servir D.ieu.
Etre un juif de Pessah Cheni, c’est être animé par l’enthousiasme et l’amour des Mitsvot, prêt à saisir chaque opportunité et rattraper nos occasions manquées.
Une histoire vraie
Un samedi soir, à Nétivot, ville où habitait Baba Salé, la communauté se rassembla pour la Birkat Halévana, la bénédiction de la lune qu’on doit réciter au plus tard 14 jours après le début du mois. Mais le ciel était couvert de nuages épais, et la lune demeurait invisible. Tous se tournèrent vers Baba Salé. Calmement, il prit son bâton, l’inclina à droite, puis à gauche, comme pour inviter les nuages à se disperser. À la stupéfaction générale, le ciel se fendit et la lune apparut.
Interrogé, Baba Salé expliqua que ce miracle avait commencé bien des années plus tôt, à Lyon. Là-bas aussi, les nuages empêchaient la bénédiction de la lune, jusqu’à la dernière nuit possible. On lui suggéra alors de se rendre à Marseille, à 380 kilomètres, où le ciel était dégagé. Sans hésiter, malgré la fatigue, il entreprit le voyage pour accomplir la Mitsva.
Il expliqua que c’était par le mérite de son dévouement à la Mitsva et de cet effort passé que, cette nuit-là, les nuages s’effacèrent devant la lune.
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
