‘Hayé Sarah

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 684 – ‘Hayé Sarah

24 ‘Hechvan 5786 – 15 novembre 2025

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

La grotte de Makhpela

Le début de la Paracha relate comment Abraham racheta la grotte de Makhpela au rusé Efron (chapitre 23).

Abraham tenait absolument à acheter ce terrain situé à ‘Hébron car il l’avait déjà choisi comme lieu de sépulture 38 ans plus tôt. En effet, selon le Midrach, trois jours après sa circoncision (qu’il réalisa à l’âge de 99 ans cf. 17:24), alors que la douleur de cette opération était à son apogée, il vit trois voyageurs de passage se diriger vers sa tente.

Comme cela est relaté au début de la Paracha Vayera, malgré son inconfort, il se leva prestement et fit le nécessaire pour offrir à ses invités un somptueux repas. Alors qu’il courait derrière un des veaux destinés au repas pour l’égorger,  ce dernier entra dans une grotte où Abraham le poursuivit. C’était la grotte de Makhpela.

Là, il fut saisi par le parfum suave du Gan Eden (Paradis) qui embaumait l’air. Il vit une lueur et perçut dans une vision qu’Adam et Eve étaient enterrés dans ce lieu. Il décida alors que ce site constituerait un lieu de sépulture idéal pour lui et sa femme : ils seraient unis pour l’éternité au couple précurseur de l’humanité.

Une histoire vraie

Jusqu’à la guerre des Six Jours, les Juifs n’avaient pas accès à la grotte de Makhpela. Après la libération d’Hébron, Rav Morde’haï Eliahou zt’l fut chargé de veiller sur ce lieu saint. Des soldats israéliens pénétrèrent dans la grotte, épuisés. Ils trouvèrent sur place des tapis, s’y allongèrent et, après un repas sommaire, s’endormirent.

Soudain, le cheikh surgit et les réprimanda: « Insolents ! Sortez ! Vous ne respectez pas ce lieu sacré ! Nous, musulmans, nous n’y rentrons qu’après nous être lavés cinq fois les mains et retiré nos chaussures, tandis que vous rentrez avec vos bottes boueuses, et mangez et dormez ici sans vergogne ! »

Tous se turent, impressionnés, sauf Rav Morde’haï Eliahou. En arabe – langue (et culture) qu’il maîtrisait parfaitement – il répondit : « Lorsqu’un serviteur se présente devant le roi avec des vêtements sales, il est repoussé. Mais si le fils du roi revient après vingt ans, même couvert de poussière, ses parents l’accueillent à bras ouverts. Abraham et Sarah sont nos parents : nous sommes leurs descendants légitimes et agissons en fils. Vous, descendants d’Hagar, êtes des serviteurs. »

Furieux, le cheikh se retira, et certains soldats réprimandèrent le Rav : « Cela ne va pas aider à établir une coexistence pacifique avec les arabes ! »

Quelques minutes plus tard, le cheikh reparut dans une humble posture, reconnut la justesse des paroles du Rav et, devant les soldats éberlués, lui demanda pardon.

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta