Ki Tavo

Reeh

Une goutte de Torah – Année 13 – n° 675 – Ki Tavo

20 Eloul 5785 – 13 septembre 2025

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

Malheur à l’hypocrite

Dans la Paracha Rehe (11:29), Moïse dit aux Hébreux que, dès leur entrée en Israël, ils devront se tenir sur deux montagnes – Har Guérizim et Har Héval – et répondre « Amen » à une série de bénédictions et de malédictions récitées par les Lévites.

La Torah (27:15-25) énumère les onze actions interdites qui vaudront une bénédiction à ceux qui s’en abstiennent, et une malédiction dans le cas contraire (27:15-25) : (i) Faire une idole ; (ii) maudire son père ou sa mère ; (iii) déplacer la borne de son voisin ; (iv) égarer un aveugle sur sa route ; (v) fausser le droit d’un étranger, d’un orphelin ou d’une veuve ; (vi) cohabiter avec la femme de son père ; (vii) avec un animal ; (viii) avec sa sœur ; (ix) ou avec sa belle-mère ; (x) frapper son prochain en secret ; (xi) se laisser corrompre pour faire tuer un innocent.

Nos Sages s’interrogent sur la logique de cet « inventaire à la Prévert », notant que des fautes capitales comme le meurtre ou la violation du Chabbat, passibles de la peine de mort, n’y figurent pas, alors que des fautes apparemment moins graves (comme déplacer une borne) y sont incluses

Selon Rav Yehonathan Gefen (rapportant le Drach Mordékhaï), le dénominateur commun de ces fautes est qu’elles sont en général faites hypocritement et « à huis clos » sous un masque de vertu. Ainsi l’homme d’affaires scrupuleux le jour, mais qui déplace la borne de son voisin la nuit, ou celui qui se livre à des relations interdites en secret.

Selon le Rambam, celui qui « égare un aveugle » fait référence à l’hypocrite qui donne de mauvais conseils (par exemple en affaires) par intérêt personnel. De même, celui qui « frappe son prochain en secret » est celui qui dit du Lachone Hara (médisance) derrière son dos, ce dernier étant incapable de se défendre.

La Torah stigmatise l’hypocrisie et le mensonge. Par exemple, dans l’histoire de Joseph et ses frères, leur incapacité à lui parler paisiblement (Genèse 37:4) était, selon certains, un signe de leur grande probité, car leur haine les empêchait de lui tenir un discours hypocrite.

Une histoire

David participe à un pot de fin de journée dans son entreprise. Le patron arrive et commence à raconter une série de blagues un peu lourdes. Tout le monde éclate de rire, sauf David.

Le patron le remarque et lance à la ronde : « Eh ben ! David n’a pas le sens de l’humour ! »

Et David, acerbe : « J’ai un grand sens de l’humour, et je n’ai pas besoin de rire aujourd’hui car je démissionne demain. »

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta