Une goutte de Torah – Année 13 – n° 674 – Ki Tetsé
13 Eloul 5785 – 6 septembre 2025
Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.
Susciter l’envie
La Paracha nous propose un commandement à première vue assez étrange (22 :10) : “Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne attelés ensemble. ”
Daat Zekenim donne une raison originale à ce commandement. Comme le bœuf rumine sa nourriture, mais pas l’âne, ce dernier croit qu’on a nourri le bœuf de nouveau, mais qu’on l’a oublié. Ainsi, la vision du bœuf en train de mastiquer exacerbera non seulement sa faim, mais également un sentiment d’injustice et de jalousie envers lui.
La conclusion à tirer de ce genre d’explication est que si la Torah nous demande d’être sensible aux sentiments des animaux, à plus forte raison devons-nous être sensibles aux sentiments de nos frères humains.
La leçon à tirer du point de vue du bœuf est qu’il faut s’efforcer, dans la mesure du possible, de ne pas susciter l’envie ou la jalousie des autres par ses possessions ou ses réalisations ; tout n’est pas bon à exhiber.
Du point de vue de l’âne, il faut retenir que si nous connaissions tous les aspects de l’objet de notre jalousie, bien souvent, elle n’aurait aucune raison d’être : dans notre verset, le bœuf n’a pas été nourri plus que l’âne !
Nos Sages ont toujours fait preuve d’une extrême sensibilité pour éviter de susciter envie ou jalousie par leur comportement ou leurs actions.
Une histoire
On raconte qu’un jeune homme vivant en Australie était parti étudier à Bnei Brak. Après son mariage, il s’installa dans cette ville et devint proche de Rav Chakh (1899-2001) qui fut dirigeant de la Yechiva de Poniovitch pendant près de 50 ans !
Sa femme tomba enceinte et accoucha de deux garçons. Il fit venir ses parents à cette occasion et demanda au Rav Chakh s’il accepterait d’être le Sandak (parrain tenant le bébé lors de la circoncision) de l’un des garçons, son père étant le Sandak de l’autre.
Le Rav Chakh refusa net : « Je serai le Sandak soit des deux soit d’aucun. » Le jeune était très gêné vis-à-vis de son père, mais décida de suivre le conseil du Rav.
Après la circoncision, il s’enhardit et lui demanda pourquoi il avait insisté pour être le Sandak des deux garçons. Ce dernier lui répondit : « Lorsqu’ils grandiront, ils liront certainement beaucoup de choses sur moi. Ton fils qui ne m’aurait pas eu comme Sandak se serait demandé pourquoi son frère a été choisi pour reposer sur mes genoux, et pas lui ; cela aurait pu engendrer de la jalousie entre eux, ce qui est très grave. J’ai donc décidé d’être le Sandak soit des deux soit d’aucun.
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
