Une goutte de Torah – Année 14 – n° 724 – Ki Tetsé
9 Eloul 5786 – 22 août 2026
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara
Rendre les objets perdus
La Torah évoque à deux reprises la Mitsva de restituer les objets perdus. D’abord dans la Parachat Michpatim (Exode 23:4) : “Si tu rencontres le bœuf de ton ennemi ou son âne égaré, tu le lui ramèneras” Puis, de manière plus développée, dans notre Paracha (22:1) : “Tu ne pourras pas te dérober en voyant le bœuf ou le mouton de ton frère égaré ; tu les ramèneras à ton frère.”
Pourquoi répéter cette Mitsva ? Parce que chacun de ces passages met l’accent sur un aspect différent. Dans l’Exode, la Torah souligne qu’il faut restituer l’objet même à son ennemi. La bonté et l’intégrité ne doivent pas dépendre de nos affinités personnelles. Face à un objet perdu, la seule question pertinente n’est pas de savoir si son propriétaire nous plaît ou non, mais ce qu’il est juste de faire.
Dans notre Paracha, la Torah emploie une expression particulièrement forte : “Tu ne pourras pas te dérober.” La faute ne consiste pas seulement à s’approprier ce qui ne nous appartient pas ; elle peut aussi résider dans le fait de détourner le regard pour éviter une responsabilité. Il est souvent plus confortable de ne pas voir, de ne pas savoir et de ne pas s’impliquer. La Torah nous ordonne au contraire d’ouvrir les yeux et d’agir.
Plus profondément encore, les Sages voient dans cette Mitsva un enseignement qui dépasse les objets matériels. Si nous devons nous soucier d’un animal ou d’un bien égaré, combien plus devons-nous nous préoccuper d’une personne qui s’est “perdue” sur le plan spirituel, moral ou émotionnel. L’obligation de restitution devient alors une invitation à aider autrui à retrouver son chemin, sa dignité et sa place au sein de la communauté.
Une histoire
À New York, une veuve milliardaire, sans enfant, perd son chihuahua adoré, auquel elle est plus attachée qu’à tout au monde. Après deux jours de recherches intensives, durant lesquels elle mobilise tout le personnel de l’entreprise de son défunt mari, elle décide d’acheter une page entière dans le New York Times. On y voit la photo du chien, accompagnée d’une récompense de 750 000 dollars pour quiconque le retrouvera.
Trois jours plus tard, sans nouvelle, elle est désespérée et au bord de la crise de nerfs. Incapable de joindre le journal par téléphone, elle se rend directement à ses bureaux et exige de voir le directeur.
À sa grande surprise, la réception est vide, à l’exception d’un jeune stagiaire qui l’informe que les bureaux sont vides.
“Mais enfin, où sont-ils tous passés ?” s’exclame-t-elle outrée.
“Eh bien… ils sont tous partis chercher votre chien !”
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
