Ki Tissa

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 700 – Ki Tissa

18 Adar 5786 – 7 mars 2026

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara

L’encens

Le sacrifice le plus important offert dans le Temple était l’encens, qui était brûlé deux fois par jour dans le Sanctuaire. Une fois dans l’année, à Kippour, le Cohen Gadol l’offrait dans le Saint des Saints comme cela est décrit dans la répétition du Moussaf de Kippour.

L’encens avait le pouvoir d’apaiser la colère divine et de protéger le peuple : c’est grâce à l’encens qu’Aaron arrêta la plaie qui décimait les Hébreux qui s’étaient rebellés contre Moïse (Nombres 17:6-12). Selon le Talmud (Shabbat 89a), c’est l’ange de la mort lui-même  qui révéla ce secret à Moïse, alors qu’il recevait la Torah au Mont Sinaï.

La Paracha nous explique comment l’encens était préparé (30:34-38). Elle ne donne cependant pas tous les détails, et, selon le Talmud (Yoma 38a) le secret de sa fabrication était jalousement gardé par une famille (Bet Avtinas).

Le Talmud (Yoma 39b) témoigne de la puissance de l’encens : les chèvres de Jéricho (situé à plus de 20 km) éternuaient à cause de son odeur ; les mariées de Jérusalem n’avaient pas besoin de se parfumer ; on sentait encore son odeur à Chilo (siège du Tabernacle avant la construction du Temple) plus de 1000 ans après qu’on eût cessé d’y brûler l’encens.

Depuis la destruction du Temple, nos prières remplacent les sacrifices. C’est pour cela que nous lisons quotidiennement la “Ketoret” (un texte traitant du sacrifice de l’encens). D’après le Zohar, cette lecture a le pouvoir de nous protéger de toutes sortes d’influence néfastes, et il est fortement recommandé de l’étudier, et d’y consacrer chaque jour les deux minutes nécessaires.

L’encens a joué, et joue encore, un rôle central dans plusieurs religions : il est omniprésent dans la liturgie chrétienne orthodoxe, dans l’hindouisme, et le bouddhisme où il est utilisé pour purifier l’environnement et se protéger contre les mauvaises énergies et les mauvais esprits.

Une histoire personnelle

Il y a quelques années, j’ai participé à un trek au Népal où le bouddhisme tibétain est très répandu ; nous étions Minyan et avions un petit Sefer Torah avec nous. A chaque étape nous passions la nuit dans un lodge, petit hôtel de montagne.

A l’une des étapes, pendant la prière du matin, je vois le propriétaire du lodge – qui nous regardait avec inquiétude depuis un moment –  manifester une grande nervosité après la sortie du Sefer Torah. Soudain, il allume plusieurs bâtons d’encens dont il répand la fumée autour de nous, puis sort du bâtiment et en fait le tour toujours avec ses bâtons d’encens en murmurant des incantations.

Il sentait probablement qu’une bataille spirituelle était en cours et voulait mettre toutes les chances de son côté !

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta