Une goutte de Torah – Année 14 – n° 682 – Le’h Le’ha
10 ‘Hechvan 5786 – 1er novembre 2025
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.
La source des bénédictions dans le couple
Abraham et Sarah descendent en Egypte, poussés par la famine. Subjugué par la beauté de Sarah, le Pharaon l’enlève et, persuadé qu’Abram est son frère, le couvre de cadeaux (12:16) : “Il favorisa Abram grâce à elle, et (Abram) acquit du menu et du gros bétail, des ânes, des esclaves mâles et femelles, des ânesses et des chameaux. » Rachi interprète simplement le verset : Pharaon combla Abram de cadeau grâce à Sarah. A leur départ, il multiplia les cadeaux, ce qui explique leur richesse lorsqu’ils quittèrent l’Egypte (13:2) : « Or, Abram était énormément riche en bétail, en argent et en or. »
Le Talmud (Baba Metsia 59a) a une interprétation originale du verset (12:16). Il considère que le sujet de la phrase n’est pas Pharaon, mais D.ieu, i.e. : « (D.ieu) favorisa Abram grâce à elle… » : C’est D.ieu qui combla Abraham de cadeaux grâce à sa femme. Il en tire une puissante leçon : la prospérité d’un homme dépend de sa femme et, en conséquence, il se doit de constamment la respecter et l’honorer !
On trouve néanmoins dans le même passage du Talmud : « Quiconque suit le conseil de sa femme va au Guehinam (en enfer) » ; mais immédiatement après, on lit la maxime : « si ta femme est petite, baisse-toi pour l’écouter.». Le Talmud donne deux réponses pour expliquer cette contradiction : (i) n’écoute pas ta femme pour les affaires du monde, mais écoute-la pour les sujets domestiques ; (ii) n’écoute pas ta femme dans le domaine spirituel, mais écoute-la dans le domaine matériel.
Enfin, le Talmud nous prévient de faire très attention à ne pas faire pleurer sa femme car, de même que ses pleurs viennent facilement, la punition pour l’avoir attristée vient aussi facilement.
Une histoire
Une journaliste laïque, féministe assumée, entre dans une agence bancaire de Bnei Barak (banlieue très orthodoxe de Tel Aviv). Elle remarque deux files devant les caisses : une file d’hommes barbus avec chapeau et Tsitsit, et une file de femmes habillées de manière traditionnelle et la tête couverte.
Choquée, elle demande à voir le directeur et fait un esclandre : c’est une honte, c’est de la discrimination, vous êtes une bande d’obscurantistes ; je vais faire un reportage salé sur votre banque, vous allez en prendre pour votre grade, et en première page ! Nous sommes au 21° siècle, ce genre de comportements n’est plus acceptable !
Le directeur parvient à placer un mot : « Calmez-vous Madame, vous n’avez pas compris : la première file, c’est pour les dépôts d’argent, et la seconde, c’est pour les retraits… »
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
