Michpatim

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 697 – Michpatim

27 Chevat 5786 – 14 février 2026

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara

Naassé Vénichma

Les Hébreux acceptent avec enthousiasme l’alliance nouée avec D.ieu au Mont Sinaï (24 :7) : “…et ils dirent: ‘Tout ce qu’a dit l’Éternel, nous le ferons et nous obéirons (Naassé Vénichma)’”

Selon Rav Jonathan Sacks z’l, les deux derniers mots du verset (“Naassé Vénichma”) peuvent être traduits de différentes façons :

·   “Nous ferons et nous entendrons” (Talmud Chabbat 88a): Les Hébreux ont accepté d’accomplir les commandements avant d’en connaître tous les détails, faisant preuve d’une confiance absolue.

·       “Nous ferons et nous obéirons” (Rachbam) : Les Hébreux se sont engagés à accomplir ce qui avait déjà été commandé, puis à obéir à tous les commandements futurs.

·       “Nous ferons et nous comprendrons” (Akeidat Itz’hak): Les Hébreux acceptèrent d’accomplir les commandements avant de les comprendre : seule l’action peut mener à la compréhension profonde de certains concepts spirituels : on ne comprend vraiment le judaïsme qu’en le vivant.

Sur ce dernier point, Rav Sacks rajoute que les Hébreux ont accepté l’alliance trois fois. Les deux premières (19:8) et (24:3), le peuple a déclaré à l’unanimité : “Nous ferons.” La troisième fois (24:7 ci-dessus) ils ont ajouté : “nous comprendrons” sans mentionner cette unanimité.

Ainsi, dans la pratique des commandements, les Juifs forment une seule communauté ; dans la compréhension, le judaïsme laisse une certaine marge de manœuvre permettant à chacun de se connecter au divin avec sa sensibilité : philosophique, mystique, rationnelle, …

Naassé Vénichma signifie : “nous ferons tous de la même manière ; nous comprendrons chacun à notre manière”.

Une histoire

Un grand rabbin est venu d’Israël visiter une synagogue réputée un peu “problématique”. Son président lui demande de quel sujet voudrait-il parler Chabbat.

Le rabbin propose : “le Chabbat, pilier de la vie juive.”

Le président, un peu gêné : “Beaucoup de nos membres habitent loin et viennent parfois en voiture le Chabbat ; trouvons un autre sujet.”

Le rabbin propose alors : “l’importance de la cacherout sur le développement spirituel de l’individu.”

Le président hésite : “Humm…, notre ville comporte plusieurs restaurants gastronomiques, et nos membres sont de bons vivants…”

Alors pourquoi pas “la sainteté de la famille juive” suggère le rabbin.

Le président rougit : “en fait, ma nouvelle femme n’a pas encore été convertie, et j’ai peur que ce sujet ne fasse jaser…”

Le rabbin excédé : “Mais enfin, de quoi voulez-vous donc que je parle ?”

“De judaïsme !» répond le président avec un grand sourire, “de judaïsme !”

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta