REEH

Reeh

Une goutte de Torah – Année 13 – n° 672 – Rehe

29 Av 5785 – 23 août 2025

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

Les pauvres

Contrairement à d’autres traditions, la Torah ne romantise ni n’exalte la pauvreté. Le Rambam, dans le Guide des égarés, la considère comme une entrave au bien-être spirituel. Selon le Talmud, l’extrême pauvreté prive un homme de son équilibre mental (Erouvin 41b), et une personne pauvre est même considérée comme « morte » (Nedarim 64b).

Deux versets de la Paracha qui traitent du sujet se contredisent :

(15:4) : « Cependant, il n’y aura pas de pauvre chez toi, car l’Éternel te bénira dans le pays que l’Éternel, ton D.ieu, te donne en héritage pour le posséder. » La Torah promet aux Hébreux qu’arrivés en Israël, la pauvreté sera éradiquée. Espérance douchée quelques versets plus loin (15:11) : « Car il y aura toujours des pauvres dans le pays ; c’est pourquoi je te donne ce commandement : ouvre ta main à ton frère, à celui qui est humble et pauvre dans ton pays. »

Rachi (sur 15:4) résout la contradiction en se basant sur le verset qui suit : (15:5) : « Seulement si tu écoutes la voix de l’Éternel, ton D.ieu, en observant et en appliquant tous ces commandements que je te prescris aujourd’hui. » L’éradication compète de la pauvreté suppose l’instauration d’une société appliquant à la lettre les lois de la Torah, et notamment les principes de justice et de solidarité. Selon le Ohr Ha’Hayim, l’instauration d’une telle société aurait le pouvoir de contrecarrer le « Mazal » (destin) individuel de certains individus condamnés à la pauvreté dès la naissance.

Mais la Torah est réaliste : comme cette situation idéale sera probablement très difficile à atteindre au cours de l’histoire du peuple juif, elle insiste sur la charité et la compassion envers les plus vulnérables, rappelant que la responsabilité de chaque individu envers son prochain est au cœur de l’éthique de la Torah.

Une histoire

David se promène dans la rue quand il se fait braquer par un voleur cagoulé et armé d’un couteau qui lui demande sa montre, son téléphone portable et son portefeuille.

Tout tremblant, David se déleste de ses affaires.

La montre est un modèle chinois en plastique à 2 euros, le téléphone un vieux Nokia antédiluvien et, dans le portefeuille défraîchi, le voleur trouve quelques pièces de monnaie et trois tickets de bus.

Il s’étonne : c’est incroyable, tes vêtements sont usés jusqu’à la corde, tu as une montre et un téléphone du quart-monde ; tu es encore plus mal loti que moi ! C’est quoi ton job ?

« Programmeur » répond David.

Le voleur enlève alors sa cagoule et demande: « Ah bon ! Et tu as fait quelle école ? » 

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta