Une goutte de Torah – Année 14 – n° 722 – Rehe
25 Av 5786 – 8 août 2026
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara
Prêter aux nécessiteux
(15:7-8) : “S’il y a chez toi un indigent… tu n’endurciras point ton cœur et ne fermeras pas ta main à ton frère nécessiteux. Tu lui ouvriras plutôt ta main et lui prêteras selon ses besoins, ce qui lui manque.”
L’aide aux nécessiteux constitue l’un des piliers de l’ordre social, et cet impératif est répété à plusieurs reprises dans la Torah, notamment à travers l’obligation de prêter au pauvre sans intérêt (Exode 22:24 ; Lévitique 25:36).
La Torah nous demande de “ne pas endurcir notre cœur” et de “ne pas fermer notre main”. Selon l’Alter de Kelm, donner mécaniquement ne suffit pas. Il faut d’abord ouvrir son cœur et développer une véritable empathie pour celui qui souffre. Mais l’émotion seule ne suffit pas davantage : une fois le cœur touché, il faut savoir ne pas “fermer sa main” et traduire ses sentiments en actes concrets.
Le verset précise qu’il faut aider le pauvre “selon ses besoins”. Le Gaon de Vilna remarque qu’une main fermée fait paraître tous les doigts identiques, tandis qu’une main ouverte révèle leurs différences. De même, tous les pauvres ne se ressemblent pas ; chacun possède son histoire, ses besoins et sa dignité propres. Selon le Talmud (Kétouvot 67b), il faut parfois aider une personne autrefois aisée à conserver certains éléments de son train de vie afin de préserver sa dignité.
Prêter à son prochain ne consiste donc pas seulement à combler un manque matériel ; c’est restaurer sa dignité, entendre sa détresse et lui permettre de retrouver sa place parmi les hommes.
La société israélienne a remarquablement intégré cette idée. On trouve dans tout le pays – et particulièrement dans les quartiers religieux – d’innombrables caisses d’entraide (guema’him), parfois de grande envergure. Elles offrent une aide dans tous les domaines : prêts d’argent bien sûr, mais aussi robes de mariée, poussettes pour bébé, matériel médical, transport de malades, équipements domestiques ou encore costumes de Pourim. Certains annuaires recensent plusieurs milliers de guema’him différents.
Une histoire vraie
Un homme rendait visite à des proches dans un quartier religieux en Israël.
Les enfants jouaient au Monopoly avec leurs amis. Fait étonnant, la partie se poursuivait depuis plusieurs jours : chaque soir, depuis le début de la semaine, ils reprenaient la même partie.
Intrigué, l’homme leur demanda pourquoi cela durait si longtemps. Après tout, au Monopoly, lorsqu’un joueur n’a plus d’argent, il est éliminé et la partie s’achève rapidement.
Les enfants lui répondirent : “Nous avons créé une caisse d’entraide. Quand un joueur fait faillite, nous lui prêtons de quoi se relancer !”
L’influence de l’environnement…On appelle cela des enfants bien élevés.
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
