Souccot

Reeh

Une goutte de Torah – Année 13 – n° 679 – Souccot

19 Tichri 5786 – 11 octobre 2025

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

L’Etrog, vecteur de Techouva

L’Etrog est l’une des quatre espèces avec lesquelles on pratique la Mitsva de « la Prise du Loulav » à Souccot. Il a un statut particulier  puisque les trois autres espèces sont liées en bouquet, et l’Etrog n’est joint à elles que lors de la Mitsva.

La Torah (Lévitique 23:40) le décrit comme « Peri Hetz Hadar » (fruit d’un arbre splendide). Le Talmud (Soucca 35a), par l’exégèse du verset, identifie ce fruit à l’Etrog car il a le même goût que l’écorce de l’arbre sur  lequel il pousse, et il y réside toute l’année.

Selon une opinion du Midrach (Berechit Rabbah 15:7), l’Etrog était le fruit défendu consommé par Eve et Adam. Initialement, tous les arbres devaient produire des fruits au goût d’écorce, mais seul l’Etrog obéit, les autres choisissant de créer des fruits plus savoureux que l’écorce, pensant améliorer ainsi le plan divin.

Adam commit une erreur similaire : il voulait, en mangeant le fruit interdit, intégrer en lui l’instinct du mal afin de pouvoir le vaincre. Mais même avec une bonne intention, transgresser un ordre divin reste une erreur, car on ne peut pas améliorer le plan divin.

Selon Rav Spitzer, en mangeant l’Etrog, Adam a entraîné dans sa chute le seul élément de la Création qui incarnait une fidélité totale à la volonté divine. C’est pourquoi, selon le Ramban, la Prise de l’Etrog à Souccot vient réparer cette erreur en  valorisant ce fruit qui, contrairement à l’homme, a obéi à la volonté divine.

Cette réparation est liée au pouvoir de la Techouva (repentir). Le Rav Ephraim Zalman Margolios explique que parce qu’Adam fit Techouva, l’Etrog, objet de sa transgression, fut transformé en un instrument de Mitsva, vecteur de Techouva.

Une histoire vraie

On raconte que, chaque année à Souccot, un Rabbi hassidique ne reculait devant aucune dépense pour acquérir l’Etrog le plus beau possible.

Chaque jour de la fête, après avoir lui-même accompli la Mitsva de la Prise du Loulav, il laissait les autres fidèles de la synagogue utiliser son Etrog qui n’avait pas d’équivalent. Nombreux étaient ceux qui se pressaient pour bénéficier de cet honneur.

Un jour, alors qu’on lui rendait son Etrog abîmé, visiblement passé entre des centaines de mains, quelqu’un lui demanda : « Rabbi, pourquoi laissez-vous autant de gens manipuler votre Etrog ? Regardez dans quel état il est ! Il a perdu toute sa beauté ! »

Le Rabbi sourit et répondit : « Mais c’est au contraire l’Etrog le plus beau du monde ! Quelle beauté pourrait surpasser celle d’un Etrog avec lequel des centaines de Juifs ont accompli une Mitsva ? »

Chabbat Chalom & ‘Hag Samea’h

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta