Tazria & Metsora

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 706 – Tazria & Metsora

1er Iyar 5786 – 18 avril 2026

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara

Pureté et impureté

Pourquoi certaines expériences humaines, comme l’accouchement ou la maladie, sont-elles associées à l’impureté dans la Torah ? Les parachiot Tazria et Metsora abordent ces notions de pureté (Taharah) et d’impureté (Toumah), qui peuvent sembler surprenantes aujourd’hui. Une mère est-elle vraiment “impure”après avoir accouché ? Pourquoi une personne atteinte de Tsaraat – cette mystérieuse affection cutanée parfois confondue avec la lèpre – devient-elle “impure”?

Selon le Rav Jonathan Sacks, la pureté et l’impureté ne concernent ni la saleté physique ni un jugement moral, mais des états rituels qui déterminent l’accès au sacré : entrer dans Tabernacle ou du Temple – lieux où la présence divine se manifestait pleinement –  ou accomplir certains rites.

Dans la Torah, le sacré est étroitement associé à la vie. À l’inverse, l’impureté apparaît lorsqu’une personne est confrontée, directement ou indirectement, à la mort ou à sa trace : fin de vie, perte de potentiel vital, transformations corporelles profondes. La mort constitue ainsi la forme la plus intense d’impureté, car elle interrompt brutalement le cycle de la vie.

L’impureté n’est jamais une condamnation. Elle signale simplement un moment où l’accès au sacré est suspendu, le temps de retrouver un équilibre. Des rites de purification – comme l’immersion dans l’eau et, parfois, une offrande – permettent ensuite de réintégrer pleinement la dimension spirituelle. Ainsi, les règles de pureté des Cohanim ne visent pas à les punir, mais à préserver le Temple des rappels de notre mortalité.

Taharah et Toumah sont des instruments spirituels nous rappelant que la vie est précieuse et fragile, et que la connexion avec Dieu demande conscience et respect de notre existence limitée. L’accouchement illustre cette idée : miracle de la création, il rappelle la fragilité de la vie humaine. L’impureté qui l’accompagne souligne que le sacré demande vigilance et conscience du miracle qu’est chaque existence.

Une histoire

Quatre hommes discutent au café.

Le premier dit : “C’est amusant, ma femme lisait Les deux orphelines quand elle était enceinte, et elle a accouché de jumeaux. ”

Le second reprend : “Quelle coïncidence, la mienne lisait Les trois mousquetaires pendant sa grossesse, et elle a eu des triplés.”

Le troisième s’exclame : “Incroyable ! Le livre de chevet de ma femme est Les quatre filles du docteur March, et on vient de lui annoncer qu’elle attend des quadruplés ; c’est la panique à la maison, on ne sait pas comment on va s’en sortir !”

Et le quatrième affolé s’écrie : “Excusez-moi, il faut que je me sauve, … ma femme vient de commencer à lire Ali Baba et les quarante voleurs !”

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta