Une goutte de Torah – Année 14 – n° 693 – Vaera
28 Tevet 5786 – 17 janvier 2026
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara
Moïse menteur ?
Moïse et Aaron vont voir le Pharaon, et lui disent (5:3) : “… Nous voudrions aller à trois journées de chemin dans le désert et sacrifier à l’Éternel notre D.ieu…” ; à chaque nouvelle rencontre avec Pharaon (8:23 par exemple), ils renouvellent cette demande.
Pourtant, au buisson ardent, D.ieu a promis à Moïse une libération définitive (3:17) : “J’ai résolu de vous faire monter du servage de l’Égypte au territoire du Cananéen, du Héthéen, …. contrée ruisselante de lait et de miel.” Et malgré cela, c’est D.ieu lui-même qui a ordonné à Moïse de mentir à Pharaon ! (3:18) : “… et vous direz (à Pharaon) : …Laisse-nous aller trois jours dans le désert pour offrir des sacrifices à L’Eternel notre D.ieu. »
Selon Rabbi Chmouel David Luzzatto, ramené par Rav Sacks z’l, il était impossible de dire la vérité à un tyran comme Pharaon. Selon d’autres, Moïse a menti par omission : il a seulement dit qu’ils devaient aller servir D.ieu pendant trois jours, pas qu’ils reviendraient. D’autres, enfin, y voient la justification de la punition de Pharaon pour avoir refusé une demande raisonnable.
Rav Sacks met cet épisode en perspective avec d’autres séquences analogues : Abraham et Isaac qui dirent de leurs femmes qu’elles étaient leurs sœurs, les manœuvres de Jacob pour contrer les intrigues de Lavan et pour se protéger de son frère Esaü qui cherchait à le tuer, la ruse des fils de Jacob qui, après le viol de leur sœur Dina, incitèrent les habitants de Che’hem à se circoncire pour mieux les exterminer.
Selon lui, ces épisodes illustrent une dure réalité : en exil, les Hébreux, faibles face à des empires puissants, n’avaient parfois pas d’autre choix que la ruse pour survivre. La Torah valorise la vérité, mais face à la tyrannie ou au danger mortel, dissimuler ou mentir devient un moyen de protection indispensable.
Une histoire
Quatre étudiants à l’université, sûrs de réussir leur examen final, décident d’assister à un match de football dans une ville voisine la veille de l’examen. Malheureusement, ils s’endorment dans le train du retour manquant leur arrêt, et ne peuvent revenir que le lendemain, bien après l’heure de l’épreuve.
Craignant leur professeur, réputé pour son extrême sévérité frôlant parfois la tyrannie, ils s’inventent un alibi : ils rendaient visite à un ami hospitalisé, mais un pneu crevé dans la nuit les a retardé. Le professeur accepte exceptionnellement de leur faire passer l’examen le lendemain.
Chacun, placé dans une salle séparée, répond sans difficulté à la première question, valant 5 points. Soulagés, ils passent à la seconde question pour 95 points : “Quel pneu a crevé ?”
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
