Vayakel & Pekoudé

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 701 – Vayakel & Pekoudé

25 Adar 5786 – 14 mars 2026

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara

Cent bénédictions

La Torah décrit en détail la construction du Tabernacle, et l’usage des différents matériaux (cuivre, or, argent, ….) donnés par le peuple. La quasi-totalité des dons d’argent fut fondue pour former les socles du Sanctuaire – la structure qui abritait les objets sacrés – comme le rapporte le verset (38:27) : “Les cent talents d’argent servirent à fondre les socles du Sanctuaire… cent talents pour les cent socles, un talent par socle.”

Les contributions pour la construction du Tabernacle étaient volontaires, à l’exception du demi-shekel d’argent que chaque homme était tenu de verser, indépendamment de sa richesse ou de son statut (30:13). Cet argent, destiné aux socles du Sanctuaire comme indiqué ci-dessus, symbolisait le fondement spirituel du peuple : chacun devait y participer de manière égale, reflet de la cohésion et de l’unité collective.

Selon le Baal Hatourim, les cent socles évoqués dans le verset correspondent aux cent bénédictions que l’on doit réciter chaque jour. En effet, le Talmud (Mena’hot 43b) enseigne que chacun est tenu de réciter cent bénédictions quotidiennes, en s’appuyant sur l’exégèse du verset (Deutéronome 10:12) : “…Qu’est-ce que l’Eternel ton D.ieu demande de toi ?” Certains commentateurs,  lisant le mot “Ma” (“Qu’est-ce que”) comme “Méa” (“cent”), suggèrent ainsi une source symbolique pour les cent bénédictions.

Une personne qui prie trois fois par jour et récite les bénédictions lors des repas atteint aisément ce quota. Le Chabbat, lorsque les prières sont plus courtes, on peut compléter ce nombre en prononçant des bénédictions sur les parfums, ou en multipliant les collations !

Le Baal Hatourim souligne ainsi que ces cent bénédictions journalières forment l’armature de notre vie religieuse, comme les socles du Tabernacle constituaient le fondement spirituel du peuple d’Israël.

Une histoire

David, qui a brillamment réussi dans les affaires, vient de s’offrir le tout dernier modèle de Tesla. Un peu superstitieux, il décide qu’une bénédiction rabbinique ne pourra que lui être bénéfique.

Il va voir un rabbin ultra-orthodoxe, persuadé d’obtenir la bénédiction la plus “haut de gamme”. Mais dès qu’il mentionne sa nouvelle voiture, le rabbin le chasse, indigné : “Bénir un tel symbole d’orgueil ? Jamais !!”

David tente alors sa chance auprès d’un rabbin traditionnel. Mais celui-ci, perplexe, avoue après réflexion : “Tesla ? Je ne connais pas… Je préfère ne pas bénir ce que je ne comprends pas.”

Finalement, il se tourne vers un rabbin réformé, passionné de voitures. David formule sa demande avec espoir. Le rabbin répond, enthousiaste : “Une bénédiction ? Très bien… mais rappelez-moi : c’est quoi déjà une bénédiction ?”

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta