Vayera

Reeh

Une goutte de Torah – Année 14 – n° 683 – Vayera

17 ‘Hechvan 5786 – 8 novembre 2025

Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.

L’Echel d’Abraham

Après avoir conclu un traité de paix avec Avimele’h, le roi des Philistins, Abraham s’installe à Beer-Cheva : (21:33) : « Il planta un Echel à Beer Cheva et là, il proclama le Nom de l’Eternel, D.ieu de l’univers. »

Rachi, citant le Talmud (Sotah 10ab), ramène deux opinions sur la nature de cet Echel. Selon certains, c’était un verger dont les fruits étaient offerts aux visiteurs de passage. Selon d’autres, Abraham avait carrément construit une auberge pour les accueillir, figurativement représentée par le mot Echel (אשל), acronyme de אכילה (nourriture), שתיה (boisson) et לוויה (accompagnement) – ou selon une autre version de לינה (hébergement), soit les services de base qu’un hôte doit offrir à son invité.

Selon le Gaon de Vilna, sur un plan métaphysique, Abraham réparait ainsi trois fautes qui avaient été commises avant lui : en donnant à manger à ses visiteurs, il réparait la faute d’Adam qui mangea du fruit défendu ; en leur donnant à boire, il réparait la faute de Noah qui, en sortant de l’arche, planta une vigne et s’enivra ; en les raccompagnant (et/ou en les hébergeant), il réparait la faute des habitants de Sodome dont les lois interdisaient toute manifestation d’hospitalité aux étrangers.

Selon le Talmud, la fin du verset ne doit pas se lire « … il proclama le Nom de l’Eternel… », mais : « … il faisait proclamer le Nom de l’Eternel… » c’est-à-dire que lorsque ses visiteurs voulaient remercier Abraham des repas somptueux qu’il leur offrait, il leur  disait : Vous pensez avoir mangé ma nourriture ? Pas du tout ! Vous avez mangé celle du Maître du monde. Maintenant, remerciez, bénissez et louez Celui qui a créé le monde par Sa parole ! En bref, il leur faisait réciter un Birkat Amazon avant l’heure.  Le Midrach rajoute que s’ils refusaient, Abraham leur présentait alors une note exorbitante correspondant à ses prestations cinq étoiles au milieu du désert, ce qui les faisait rapidement changer d’avis !

Une histoire vraie

On raconte que Rav Aryeh Levine (20° siècle – Jérusalem) prodiguait une hospitalité exceptionnelle : beaucoup de nécessiteux trouvaient refuge chez lui, comme si c’était leur propre maison.

Un jour, l’un d’eux – qui mangeait et dormait chez Rav Aryeh depuis plusieurs mois – s’approcha de lui et lui demanda (sans savoir qu’il était le maître de maison) combien de temps il pensait qu’on pouvait rester ici sans abuser de la patience de l’hôte.  

Rav Aryeh répondit : « Moi je suis là depuis plusieurs années, et personne ne m’a dit de quitter les lieux ; alors, à mon avis, tu peux rester ici autant de temps que tu veux… ».

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta