Une goutte de Torah – Année 14 – n° 686 – Vayetse
9 Kislev 5786 – 29 novembre 2025
Cette goutte de Torah est dédiée à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.
Le « vol de l’esprit »
Jacob s’est considérablement enrichi chez Laban malgré toutes les ruses que ce dernier a déployées pour l’exploiter. Ce succès suscite la jalousie : (31:1) : « (Jacob) entendit les fils de Lavan qui disaient : Jacob s’est emparé de tout ce que possédait notre père… »
D.ieu lui ordonne alors de rentrer en Israël. Redoutant la réaction de Laban, Jacob profite de son absence pour s’enfuir (31:20) : « Jacob vola l’esprit de Laban l’Araméen, en s’enfuyant sans lui rien dire. ». Laban le poursuit et lui reproche (31:26) : « … « Qu’as-tu fait ? Tu as volé mon esprit »… »
Le « vol de l’esprit » (en Hébreu : « Guenevat Lev » ou « Guenevat Daat ») désigne une tromperie par omission ou la création d’une fausse impression : Jacob induit Laban en erreur par omission en partant sans le prévenir. Son interdiction découle des principes de la Torah qui prônent la vérité et l’honnêteté dans les relations interpersonnelles. Il est par exemple interdit de donner l’impression à quelqu’un qu’on lui fait une faveur alors que ce n’est pas le cas, ou de le complimenter ou de lui manifester de l’affection alors qu’on n’en pense pas moins.
Le Talmud (‘Houlin 94ab) donne plusieurs exemples de ce principe notamment l’interdiction de vouloir paraître généreux en invitant quelqu’un à dîner si on sait qu’il va refuser, ou en lui offrant un cadeau qu’on sait qu’il ne pourra pas l’accepter. Rambam (Maïmonide) rappelle ce principe dans son traité Hil’hot Deot (2:6) en précisant qu’il s’applique également envers les non-juifs.
Une histoire vraie
David, étudiant en Yéchiva, cherche à se marier. Gad, qui veut marier sa fille, entend parler de lui et cherche à s’informer. Il appelle la cabine téléphonique de la Yéchiva et, par hasard, tombe directement sur David lui-même, qui cache son identité ! Pensant parler à un de ses camarades, il lui pose de nombreuses questions sur le caractère de David : patience, gentillesse, sociabilité… À chaque fois, David répond honnêtement qu’il possède ces qualités.
Lorsque Gad lui demande si David est assidu aux prières, il hésite car il a souvent du mal à se lever le matin. Il répond alors avec habileté : « Quand j’arrive, il est toujours là. »
Gad est satisfait et, bientôt, fiance sa fille à David.
Ce dernier, pris de remord, consulte son rabbin qui lui explique qu’il a commis un « vol de l’esprit » en laissant croire qu’il était ponctuel à la synagogue. Il tranche qu’il n’a pas besoin d’avouer la vérité à son beau-père, mais qu’il devra désormais être très scrupuleux dans sa présence aux prières.
(Shalshelet News)
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta
