Une goutte de Torah – Année 13 – n° 652 – Vayikra
7 Nissan 5785 – 5 avril 2025
Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’, ainsi qu’à la guérison complète de notre relectrice, Tania bat ‘Haya Clara.
Un pain qui ne manque pas de sel
Le livre du Lévitique s’ouvre sur le service des sacrifices, actes rituels chargés de symboles, quelque peu mystérieux pour l’esprit moderne.
Jusqu’à la destruction du Temple, les sacrifices étaient offerts sur l’Autel et expiaient les fautes du peuple. Depuis, explique le Talmud, notre table remplace l’Autel et la nourriture les sacrifices (Bera’hot 55a).
Comme les prêtres avaient l’obligation de saler les sacrifices (Rachi sur 2:13), nous avons gardé la coutume de tremper le pain dans le sel avant de le consommer.
Que symbolise le sel sur les sacrifices ?
Rachi rapporte un Midrash : au deuxième jour de la Création, D.ieu sépare les eaux du bas des eaux du haut. La séparation, acte de violence, crée des mécontents… Les eaux du bas se plaignent. D. leur promet alors qu’elles seront élevées sur l’Autel sous forme de sel accompagnant les sacrifices.
Ramban y voit la réconciliation de deux opposés : issu de l’eau de mer séchée par le soleil, le sel est la synthèse de l’eau et du feu, symboles des attributs divins de miséricorde et de justice.
Rabbi Chimchon Rafael Hirsh remarque que le sel ne peut être détruit ni par l’eau (il se dilue), ni par le feu (il ne brûle pas). Il symbolise donc le caractère éternel de notre alliance avec D.
Le Arizal explique que chaque élément de la Création – minéral, végétal, animal et humain – a une composante spirituelle qui est élevée lors de l’acte sacrificiel. Le Cohen officie, l’animal est offert sur l’Autel, et le bois utilisé pour brûler le sacrifice, ainsi que les offrandes de farine, d’huile et de vin, représentent le règne végétal. La Torah ordonne donc qu’on sale les sacrifices afin que le règne minéral soit également représenté.
Enfin, certains ont la coutume de tremper le pain trois fois dans le sel car la valeur numérique du mot sel en hébreu (MeLa’H) est de 78, égale à trois fois celle du Tétragramme, le nom de D.ieu qui est de 26.
Une histoire
David prépare la table du Kiddouch : la coupe, le vin, les ‘Hallot et tente de trouver le sel. Après 10 minutes de recherches infructueuses il demande à sa femme : “Chérie, où est donc passé le sel ?”
Et elle de rétorquer, agacée : “Oh, vous les mecs vous ne trouvez jamais rien !!! Il est dans l’armoire, à côté des médicaments, dans une boîte de biscuits vide sur laquelle il est écrit ‘Café’”
(Merci à Tania pour cette histoire)
Chabbat Chalom
Jean Guetta
Relu et mis en page par Tania Guetta