Toledot

Une goutte de Torah – Année 12 – n° 580 – Toledot

5 Kislev 5784 – 18 novembre 2023

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’.

J’étais à la manifestation qui a rassemblé près de 300.000 personnes à Washington hier (mardi), ainsi qu’au Minyan organisé au Netz devant la Maison Blanche, auquel ont participé plus d’un millier de personnes (images jointes).

Aimer un enfant rebelle

Rébecca, l’épouse d’Isaac, donne naissance à deux jumeaux qui vont révéler des natures bien différentes (25:27) : “ Les enfants ayant grandi, Ésaü devint un habile chasseur, un homme des champs, tandis que Jacob, homme simple, vivait sous la tente (i.e. la maison d’étude). ” Très tôt, il apparut donc que Jacob était l’héritier spirituel d’Abraham et d’Isaac, et pourtant (25:28) : “ lsaac préférait Ésaü parce qu’il mettait du gibier dans sa bouche ; mais Rébecca préférait Jacob. ”

Comment Isaac, un homme d’un niveau spirituel exceptionnel et doué d’un esprit prophétique, pouvait-il préférer Esaü, l’homme des champs ?  Beaucoup de commentateurs ont proposé des réponses à cette question. Selon Rachi, par exemple Esaü était particulièrement habile à tromper son père en prétendant à de grandes aspirations spirituelles (le “ gibier ” du verset étant à prendre au sens spirituel).

Selon le Ram’hal,  Jacob avait pour mission de développer le Bien dans le monde en étudiant et pratiquant la Torah, alors qu’Esaü aurait dû combattre le Mal ; son mauvais penchant, s’il avait su le canaliser, lui aurait permis de livrer ce combat efficacement en sachant identifier le Mal et user de la violence nécessaire pour le neutraliser.

Selon Rav Jonathan Sacks z’l, Isaac n’était pas dupe du caractère d’Esaü et de sa prédisposition au mal, mais il voulait l’aider à remplir sa mission dans le monde, et pensait que faire preuve de patience et d’amour inconditionnel envers lui serait beaucoup plus efficace que des reproches.

Une histoire vraie

Un jeune homme d’une famille religieuse en Israël s’était détourné du chemin de la Torah et, totalement rebelle, avait quitté la maison de ses parents.

Quelques années plus tard, un de ses anciens voisins le rencontre par hasard et lui demande de ses nouvelles. Il lui raconte également un détail qui l’amusera : depuis son départ, ses parents ne verrouillent plus la porte de la maison.

Le jeune homme est très surpris : “ C’est impossible, ils étaient complètement maniaques, et s’assuraient au moins vingt fois par jour que la porte était verrouillée, et gare à celui qui entrait ou sortait sans donner le tour de clé ! ”

“ Et pourtant ”, répond le voisin, “ depuis que tu es parti, cette porte n’est plus jamais fermée, même la nuit ! Ta mère m’a dit : Et s’il revenait en pleine nuit et trouvait la porte fermée !? Peut-être n’oserait-il pas frapper à la porte ; il repartirait et on l’aurait perdu à tout jamais ! ”

En entendant ces mots, le jeune homme fondit en larme, se rendit chez ses parents et trouva la porte ouverte…

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta