Vaera

Une goutte de Torah – Année 12 – n° 588 – Vaera

3 Chevat 5784 – 13 janvier 2024

Cette goutte de Torah est dédiée au succès de nos vaillants soldats dans leur lutte pour l’annihilation de nos ennemis et le retour de nos otages sains et saufs B’H’.

Les dangers de la “Tolérance”

D. annonce aux Hébreux, esclaves en Egypte, leur libération prochaine (6:6-7) : “…Je vous délivrerai du fardeau de l’Egypte, je vous sauverai, ….Je vous affranchirai, …Je vous prendrai pour peuple…”

Ces quatre expressions correspondent à quatre étapes de libération : (i) l’arrêt de l’esclavage, (ii) la sortie d’Egypte proprement dite, (iii) la libération psychologique (lorsqu’à la vue des cadavres des Egyptiens sur les bords de la mer rouge ils n’ont plus craint d’être poursuivi), et (iv) le don de la Torah qui scella l’alliance entre D. et le peuple Juif.

Les quatre coupes de vin que nous buvons le soir du Seder de Pessah symbolisent ces quatre étapes.

Le Rabbi de Gour fait remarquer que la racine hébraïque du terme “fardeau” (Sivlot) est S.V.L qui signifie souffrir ou endurer, mais également tolérer.

La première expression se lit donc aussi : “Je vous délivrerai de votre tolérance envers l’Egypte”. En effet, les Hébreux s’étaient accommodés de leur état d’esclave : lorsque Moïse demande au Pharaon de leur accorder une permission de trois jours, il endurcit les conditions d’esclavage (5:6 et suiv.) ce qui amène les Hébreux à critiquer Moïse (5:21). Ils s’étaient tellement habitué à l’esclavage qu’ils n’étaient prêts à aucun sacrifice pour leur liberté.

Nos Sages nous disent que seul un Hébreu sur cinq est sorti d’Egypte. Les autres sont morts pendant la plaie de l’obscurité car ils ne voulaient pas être libérés !

La première étape du processus de libération devait vaincre cette tolérance à l’esclavage, sans quoi toute la suite aurait été vouée à l’échec.

Comme d’habitude, la Torah nous donne une leçon de vie. Au fil des années, nous aussi développons des “tolérances” qui sont autant d’obstacles à notre développement personnel, et dont il faut se débarrasser pour réaliser son potentiel.

Un conte

Lors d’une tournée d’inspection de son royaume, un roi rencontre un homme qui vit dans une poubelle. Il raconte au roi que son extrême pauvreté l’oblige à vivre ainsi depuis des dizaines d’année, et qu’il souffre d’un terrible mal de dos car la taille modeste de sa poubelle l’oblige à rester constamment courbé.

Emu, le roi lui déclare : “il est intolérable qu’un de mes sujets vive dans de telles conditions, fais un vœu et je l’exaucerai !”.

Et notre homme, très ému, de répondre : “Majesté, accordez moi une plus grande poubelle, et je serai l’homme le plus heureux du royaume !”

Chabbat Chalom

Jean Guetta

Relu et mis en page par Tania Guetta